A toutes et tous les salarié(e)s
ainsi qu’à la direction,
Aujourd’hui, la CFDT fait le constat que la méthode appliquée sur le projet de création d’une Division Technique (DT) est l’exemple type d’une méthode causant humainement plus de dégâts qu’elle n’en règle. Et cela sans parler de l’intérêt stratégique et technique restant à démontrer...
Un projet d’ampleur qui ne porte pas son nom, car il s’agit bien d’une réorganisation profonde et d’une mise en place d’une nouvelle philosophie de travail qui se jouent pour le personnel concerné. De plus, le projet intègre la remise en cause de l’iso-effectif plateforme.
Si la réelle volonté de la direction était de convaincre des intérêts de ce projet pour la plateforme, ce projet n’aurait sans doute pas fait l’objet :
- D’une procédure d’information/consultation en CSE à cheval entre un CSE sortant et un CSE entrant, en pleine période électorale.
- D’un refus de décaler cette procédure après les élections afin de disposer d’un CSE stabilisé pour étudier ce projet.
- D’une demande d’expertise votée à l’unanimité du CSE, permettant de tous nous éclairer sur les conséquences en termes d’emplois, sur la répartition des tâches, sur la répartition de la charge de travail et les risques psychosociaux associés. L’équilibre ou ratio techniciens/agents de maîtrise et cadres est également modifié.
- D’une mise en place non avouée mais que toutes et tous constatent avant même le retour d’expertise et de la remise d’avis en CSE.
- D’attribution de postes sur des critères parfois quasi discriminatoires, de prises de fonctions déjà annoncées, des suppressions de postes sans que des postes adaptés soient réellement disponibles pour les salarié(e)s concerné(e)s.
Tout cela ne laisse aucune place à la concertation, à la négociation, aux propositions et préconisations par les salarié(e)s concerné(e)s et des représentants du personnel. La question de la caractérisation d’un délit d’entrave se pose.
Sur ce projet, c’est bien la méthode qui laissera le plus de traces, le plus de conséquences. Les cas de RPS, de souffrance au travail, de stress, sont légion. Au moins un salarié(e) a été, dès l’annonce du projet, en arrêt de travail pour RPS et que dire à des salarié(e)s à qui on annonce la suppression de sa fonction sans disposer de postes adaptés.
La direction supprime des postes, les remplace en partie par d’autres et fait disparaître définitivement des cases de l’effectif global de la plateforme. Qu’en est-il du maintien de l’iso-effectif jusqu’en 2030 pourtant affirmée par notre directeur en CSE il n’y a pas si longtemps ?
La direction laisse ces salariés avec le sentiment de n’avoir plus leurs places sur notre plateforme. Certains métiers sont-ils, par une quelconque alchimie, devenus subitement inutiles ?
Cette méthode est psychologiquement destructive pour le personnel, mais également destructive pour la cohésion, la confiance dans l’avenir de notre plateforme ou encore pour l’« esprit pionnier » comme dirait notre PDG.
Bref une mise en place à l’opposé de la toute nouvelle feuille de route de la direction.
La direction se réfugie derrière ce qu’elle considère comme une paix sociale retrouvée. Elle s’aveugle par orgueil. La réalité est toute autre. la CFDT l’affirme à la Direction locale :
- Ce n’est pas parce que les salariés ne sont pas en grève que le climat est apaisé,
- Le silence n’est pas l’adhésion,
- L’absence de conflit visible n’est pas la preuve que les décisions sont justes ou comprises,
- Beaucoup se retiennent, beaucoup étouffent, beaucoup subissent !
La direction a la responsabilité d’apaiser, de rassembler, de donner une ligne claire.
Ce que nous observons à la CFDT, sur le projet DT, ce sont des discours contradictoires, des décisions unilatérales, parfois si déconnectées de la réalité du terrain qu’elles en deviennent incompréhensibles pour celles et ceux qui travaillent chaque jour sur les postes impactés.
Les salarié(e)s comme leurs représentants en CSE font face à une direction qui se contente d’entendre sans jamais écouter.
Il y a pourtant une différence essentielle :
- Entendre, c’est percevoir un son, capter un message sans y prêter attention,
- Écouter, c’est comprendre, considérer, intégrer, tenir compte.
Sur le projet DT, Il eut été urgent de ne pas précipiter les choses, de pouvoir donner aux salarié(e)s impacté(e)s une considération, des réponses, des solutions d’avenir mieux préparées.
La plateforme de Normandie doit elle se transformer en détruisant l’esprit d’équipe d’une bonne partie de ses salarié(e)s ?
A la CFDT, nous défendons l’intérêt des salarié(e)s, les intérêts de notre plateforme, et ce même sur des projets aussi mal ficelés et mis en place tel que celui du DT.
La CFDT de la plateforme de Normandie lance le message suivant à la direction, si elle ne veut pas créer, préparer, nourrir, le terreau d’une généralisation de la souffrance au travail et des risques sociaux associés tant individuellement que collectivement, elle devra sérieusement changer de méthodologie.
Celle mise en place dans le cadre du projet DT ne fonctionne pas et ne fonctionnera pas, car elle n’intègre ni les remontées des équipes ni la parole des représentants du personnel, ni les éventuelles préconisations de l’expertise. Elle crée un climat lourd, un climat de doute, d’inquiétude, loin de l’esprit fédérateur que devrait incarner une direction.
Il n’est jamais trop tard, M. Marion, pour renoncer à la précipitation.
L’avenir d’une plateforme ne tient pas qu’à des données techniques et qu’à un plateau sur lequel elle place des pions sans âmes. Pour les projets à venir, la direction doit impérativement mieux tenir compte de la composante humaine de notre plateforme.
Nous, à la CFDT, ne sommes pas les gentils moutons que vous placez autour de vos bureaux, nous ne croyons pas en un modèle où la direction avance sans concertation et sans vision partagée.
La CFDT croit en la discussion, en la cogestion, en la transparence et en la confiance.
La CFDT sera présente et vigilante.
La CFDT ne cédera rien lorsqu’il s’agit de défendre les salarié(e)s contre toute forme d’autoritarisme ou assimilé.
La CFDT sera ferme, constante, déterminée, tant que ces principes ne seront pas pleinement respectés.
Avec la CFDT, faisons bouger les lignes !

